Chien de chasse, compagnon de canicross, berger qui travaille, ou simplement chien qui court trois heures par jour : dès que l'activité devient soutenue, la ration d'entretien ne suffit plus. Jusque-là, tout le monde est d'accord. Les choses se compliquent quand il s'agit de savoir ce qu'il faut augmenter, et quand.
Car le réflexe le plus répandu consiste à transposer ce que l'on sait du sportif humain, et il conduit tout droit à l'erreur. Le chien ne carbure pas comme nous. Voici ce qui change réellement dans sa gamelle, combien ajouter selon le type d'effort, à quel moment distribuer les repas, et pourquoi l'intersaison est le moment où la plupart des propriétaires se trompent.
« Très actif » : de quoi parle-t-on exactement ?
Le terme recouvre des réalités qui n'appellent pas les mêmes réponses. Commençons par situer votre chien.
Trois types d'effort, trois profils différents
L'endurance d'abord : chasse sur plusieurs heures, cani-randonnée, traîneau, chien de troupeau. L'effort est long, d'intensité modérée, répété sur la journée. C'est le profil qui demande le plus d'adaptation alimentaire, et de loin.
L'effort bref et intense ensuite : agility, ring, flyball, mordant. Des séquences de quelques dizaines de secondes, très exigeantes, séparées de longues récupérations. Les besoins augmentent, mais beaucoup moins qu'on ne l'imagine, car le volume total de travail reste modeste.
L'activité quotidienne élevée enfin : un chien qui accompagne un propriétaire coureur, un jeune malinois en appartement qui se dépense trois heures par jour, un border collie de particulier. Ni sportif de compétition ni chien de canapé, c'est le cas le plus courant, et celui qui demande le plus de bon sens dans l'ajustement.
Le chien actif par intermittence
Un chien de chasse travaille trois ou quatre mois par an. Un chien de concours a une saison. Ces animaux ne sont pas « très actifs » toute l'année, et c'est la source d'erreur numéro un, sur laquelle nous reviendrons plus longuement : conserver la formule énergie en intersaison revient à sur-nourrir un chien qui ne travaille plus.
Le chien que l'on croit sportif
Soyons honnêtes, car cela évite des dépenses inutiles. Deux sorties quotidiennes d'une heure en laisse, aussi régulières soient-elles, ne font pas un chien très actif. Une formule énergie donnée à un chien d'activité modérée produit mécaniquement une prise de poids. Le vrai critère n'est pas le temps passé dehors mais l'intensité et la durée de l'effort réel, et surtout l'évolution du poids : un chien qui maintient son poids de forme avec sa ration habituelle n'a besoin de rien de plus.




